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13 janvier 2011

Mémoire du CLAL 2010

I
PRÉAMBULE



Bonjour,
Mon nom est Cheryl Ann Dagenais, coordonnatrice et je représente le Comité logement d’aide aux locataires, un groupe de défenses de droits. Nous tenons à vous remercier de nous avoir invités afin de vous parler de notre organisme et du volet logement social.

À notre 11ième année de fonctionnement, notre but essentiel est de fournir aux locataires de l’information sur leurs droits par le biais d’éducation populaire afin que ces derniers puissent faire valoir et faire respecter ces droits auprès des différentes instances à contre-courant. Nous avons également la mission de promouvoir et de faire émerger du développement de projets d’habitations sociales répondants aux besoins du milieu selon leur capacités financières.

On se rend compte rapidement de ces besoins lorsque le quotidien et les «fins de mois» deviennent un cauchemar. Dans ces conditions, le bien-être personnel et familial sont compromis avec toutes les conséquences bio-psycho-sociales inhérentes.

Le besoin d’être loger adéquatement est fondamental. Grâce à des gens dévoués et déterminés, nous avons la possibilité de maintenir un organisme vigoureux qui a comme premier objectif de rétablir la justice sociale quant à l’accessibilité pour tous de vivre dans un milieu décent et sécuritaire.

C’est ensemble que nous arriverons à nos buts!



II
L’HISTOIRE DU COMITÉ LOGEMENT D'AIDE AUX LOCATAIRES


Lors d’une table ronde de lutte contre la pauvreté dans l’ancienne Ville de Sainte-Foy en 1995, il y avait des gens provenant de tous milieux. Du gérant de caisse riche à une famille monoparentale dans la misère! La question était «Comment sortir les ménages de la pauvreté».

Les deux ménages à revenus modestes se sont exprimés haut et fort qu’un des besoins fondamentaux, dont se loger, grugeait près de 80% de leurs revenus….Ils ont dénoncé le manque de logement social et que le logement n’était plus considéré un besoin essentiel mais s’était transformé en marchandise!

Pour la plupart de ces bonnes gens à l’aise financièrement, les ménages à faible revenus étaient des gens qui ne savaient pas trop comment s’organiser et que le logement social était synonyme de «guetto»…….«Des préjudices sur le logement social, il y en avait partout dans cette ancienne ville»!

Les années 1996 jusqu’au lendemain des élections municipales de novembre 2001 furent des moments intenses de luttes et de débats à l’ancienne Hotel de Ville de Sainte-Foy. Même un africain, un des requérants de la coopérative d’habitation, a dénoncé en pleine séance municipale le manque de démocratie qui y régnait et réclamait une justice sociale pour tous les citoyens! Pourtant les besoins en logement social grandissaient de plus en plus!

À l’automne 1999, un groupe de femmes a décidé de faire émerger un comité logement. L’analyse des besoins du milieu dans l’Ouest de la Capitale nationale était déjà fondée et avec l’appui des groupes en habitation du Centre-Ville de Québec, «le Comité logement, développement et femmes» fût mis sur pied et c’est le 3 mars 2000 que l’organisme se constitua légalement. Depuis 2002, l’organisme a la dénomination sociale «Comité logement d’aide aux locataires» afin de rejoindre tous les locataires.

Or, pour arriver à nos buts, le lendemain des élections municipales de 2001, on a eu le feu vert pour faire des projets de développement de logement social. Le comité logement a fait émerger 172 unités (4 coopératives d’habitation pour familles et personnes seules, soit les coopératives Un Toit à toi, Les Méritas, L’Étale, la Pointe-de-Sainte-Foy et un OBNL pour personnes de 55 ans et plus). Présentement l’organisme travaille sur un projet d’une soixantaine unités logement dans le cadre de la Coopérative Clé d’un Rêve. Ce projet aura pignon sur rue dès qu’on aura trouvé un terrain.

Nous sommes groupe membre participant du FRAPRU (Front d’action populaire en réaménagement urbain) et notre revendication majeure auprès des gouvernements est qu’ils investissent massivement dans un grand chantier de logement social. Nous avons eu des gains mais le courant des derniers budgets de ces deux paliers gouvernementaux indiquent clairement qu’ils n’ont pas de volonté à répondre à cette demande. On en reparlera plus loin…


III
LA RÉALITÉ DES MAL-LOGÉS (CHANSON)


Je suis sans logement,
Je m’retrouve dans rue,
Je dors dans une ruelle bien cachée

Ma voisine d’à côté
N’est pas mieux que moi
Car elle semble très malade

J’ai besoin d’un logement social (bis)

Mon loyer trop cher
J’pouvais pus payer
Mes enfants sont à DPJ

Itinérante malgré moi
Je pleure mes enfants
Avant d’m’endormir

J’ai besoin d’un logement social (bis)

Si seulement nos gouvernements
Prenaient leurs responsabilités
Je n’en s’rais pas rendue là

J’aurais un toit pour ma famille
D’l’argent pour se nourrir
Se vêtir avec des loisirs

Donne-moi un logement social (bis)


IV
LE PORTRAIT DES MÉNAGES


Sur le plan national, selon le recensement de Statistiques Canada de 2006, il y avait plus de 206,000 ménages octroyant plus de la moitié de leurs revenus pour se loger.

La région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec compte 130 840 ménages locataires des 1 259 455 de la province de Québec (1); un peu plus de 10%. Tout type de logements confondus, le taux d’inoccupation dans la RMR de Québec est de 0,4%, alors que celui du Québec est de 2,2% (3). Ainsi, très peu de logements sont vacants.

Sur une population de 72,000 habitants, il se dénombre 14 115 ménages locataires dans l’arrondissement Sainte-Foy/Sillery/Cap-Rouge. Et le taux d’inoccupation est encore plus bas que celui rapporté pour la RMR de Québec; il est de 0,3%[1]. La pénurie de logement frappe encore... Pourtant, le taux de logements inoccupés devrait normalement se situer à 3%[2]. On s’en éloigne considérablement.

Les ménages locataires de Sainte-Foy/Sillery ont pour revenu annuel médian 32 100$, et pour loyer mensuel médian 645$. Parmi ceux-ci, 5 315 accordent plus de 30% de leur revenu annuel pour se loger. Ce n’est pas rien, c’est près de 65% de tous les ménages locataires de l’arrondissement (4). En épluchant les statistiques sur le logement, il est possible de constater que cet arrondissement ne se constitue pas seulement de gens à l’aise comme le voudrait laisser entendre une certaine « croyance ». La pauvreté est bien présente...

À tout le moins, les chiffres nous parlent en ce sens. Des ménages consacrent plus de 30%, 50% et même 80% de leur revenu au logement. Oui, 1 235 ménages placent 80% et plus de tous les dollars qu’ils gagnent annuellement seulement pour se loger. Conclusion : les ménages locataires ont clairement besoin de soutien. Une des solutions envisageables est bien évidemment d’augmenter l’offre de logements sociaux.

Plus en profondeur ... les femmes, les personnes seules et les aînés
À Sainte-Foy/Sillery, on constate d’abord que se sont encore les femmes qui sont le plus désavantagées et qui sembleraient pouvoir profiter des mesures d’aide et de soutien au loyer dans certains cas.

Voici ce que nous révèlent les chiffres de Statistiques Canada dans son recensement de 2006. Dans l’arrondissement, 7 455 ménages locataires ont pour principal soutien financier une femme. Ceux-ci ont comme revenu annuel médian 28 695$ et comme loyer mensuel médian 640$. Parmi eux, 42,3% accordent obligatoirement 30% et plus de leur revenu pour se loger. C’est près de 8 000$ de coût de loyer par année au minimum.

Toutefois, il est important d’y ajouter les 21,4% qui payent plus de 50% et les 9,6% consacrant plus de 80% pour le loyer. (1)

Autrement, il y a 6 665 ménages locataires principalement soutenu financièrement par des hommes. Ceux-ci ont un revenu annuel médian supérieur à celui des femmes, mais ont aussi un loyer mensuel médian plus élevé. Plus précisément, 32,4% de ces ménages, dont le principal soutien financier est un homme, versent à leurs propriétaires 30% et plus de leur de revenu, alors que 15,5% donnent plus de 50% et 7,7% contribuent 80% et plus de leurs revenus. (4)

En revenant à l’article dans le Dossier Noir du FRAPRU (2009), c’est « un peu mieux pour les familles, pas pour les personnes seules » [3]. Ceci s’applique également aux locataires de Sainte-Foy/Sillery. Des 815 familles monoparentales de notre arrondissement 22,1%, 8,6% et 3,7% accordent respectivement 30%, 50 % et 80% et plus de leurs revenus sur le loyer.

S’il est possible de voir que la situation des familles monoparentales s’est globalement améliorée, cela n’empêche pas que les personnes seules, elles, ont à leur tour besoin de soutien financier ou d’une habitation à loyer modique. Les 7 570 personnes locataires de l’arrondissement vivant seules, ayant un revenu annuel médian de 24 516$ et un loyer mensuel médian de près de 600$, donnent, pour 20,6% d’entre eux, plus de 50% de leur revenu pour s’offrir un toit. Ajoutez à cela, un 12,8% qui consacre plus de 80% de leur revenu et 47,5% fournissent plus de 30% de leur revenu afin de payer leur logis.(4)

Comme le souligne l’article « Un peu mieux pour les familles, pas pour les personnes seules », ces dernières ne sont pas admissibles au programme québécois «Allocation-logement» avant l’âge de 55 ans; ce qui font d’elles jusque là « les grandes oubliées des politiques gouvernementales »[4].

Pourtant, la majorité des ménages locataires se retrouve néanmoins dans le groupe d’âge des 18-54 ans; soit un nombre total de 8 920 ménages. Toute proportion gardée, il semble qu’ils aient autant de difficulté que nos aînés à boucler les fins de mois. Ainsi, pour le groupe d’âge des 18 à 54 ans, 10,1% d’entre eux, soit 900 ménages locataires, offrent 80% et plus de leur revenu annuel à leur propriétaire.(4)

Si l’on doit s’attarder à la réalité de nos aînés, les 3 295 ménages locataires composés de personnes de 65 ans et plus de notre arrondissement, on ne peut que constater la proportion de ceux attribuant 30% et plus de leur revenu pour un logis; soit 49,5%. Les aînés, dans l’obligation d’y consacrer 50% et plus de leur revenu, sont un peu plus de 18%. (4)

Les étudiants

L’autre catégorie dans l’arrondissement, ce sont les étudiants. On en compte environs 10 000 dans notre secteur; ce qui nous amène à environs 82 000 de population (statistiques du plan directeur en réaménagement urbain du Pacte Myrand). Avec l’université et les deux cegeps, il est certain que ces étudiants occupent une part non négligeable à la cohabitation dans les 41/2 et les 51/2. On les retrouve aussi en chambre ou en résidence à l’université.

D’ailleurs, dans le plan de réaménagement urbain «Pacte Myrand 2008» il est question de développer des coopératives d’habitation à 50% pour la catégorie étudiante personne seule et familiale.

Les immigrants

On note de plus en plus les besoins de grands logements pour les étudiants immigrants, catégorie famille, et c’est dans le quartier Cité universitaire que l’on recense le plus haut taux d’immigrants soit 1 935 (données CSSS novembre 2008). Ces ménages connaissent peu les droits du code civil et souvent, ils ne contesteront pas par peur de représailles. Il y a beaucoup d’éducation populaire à faire auprès d’eux.


Les Autochtones : des conditions de logement déplorables :
Dossier noir du FRAPRU Logement et pauvreté au Québec : Des chiffres et des visages Janvier 2009

Le recensement canadien n’est assurément pas le meilleur outil pour avoir une idée exacte des conditions de vie dans les communautés amérindiennes, plusieurs d’entre elles refusant d’y collaborer. Un rapport récent produit pour le compte de l’Assemblée des Premières nations du Québec et du Labrador nous en apprend toutefois plus long à ce sujet.

Sur les 12 593 logements de ces communautés, 2 419, soit 19,2% ont besoin de rénovations majeures, alors que 2 282 autres nécessitent des rénovations mineures ou des réparations. De plus, 1 721 logements souffrent de problèmes de contamination, élevée dans 38% des cas. Comme si ce n’était pas suffisant, 4 209 logements sont présentement surpeuplés, ce qui représente 33,4% du total. Pour faire face à ce problème, mais aussi à d’autres nécessités comme la croissance démographique et la migration d’Autochtones qui ne peuvent présentement habiter dans leurs communautés, on évalue à 8 800 le besoin de nouveaux logements pour les cinq prochaines années. Enfin, 7 302 terrains sont mal desservis en infrastructures.

Le recensement de 2006 nous apprend par contre que, sur les 9 565 logements en milieu inuit (Inuit Nunaat), pas moins de 45 335 ont besoin de rénovations majeures, ce qui représente 47,4% du total.

Pas mieux hors communauté

Ce que le recensement nous permet aussi d’entrevoir, c’est la réalité des 74 290 personnes déclarant une identité autochtone(2), mais vivant hors de leur communauté. Dans ce cas, 19% des personnes vivent dans des logements nécessitant des réparations majeures, ce pourcentage étant de 27,0% quand elles vivent en milieu rural et 13,8% en milieu urbain.

Ces données ne tiennent évidemment pas compte d’un autre problème touchant les Autochtones vivant en milieu urbain, celui de l’itinérance.

Une enquête réalisée à l’automne 2007 par le réseau de télévision TVA lui permettait d’affirmer que le nombre d’autochtones et Inuits vivant dans l’itinérance au centre-ville de Montréal avait doublé en dix ans. Le Centre d’amitié autochtone de Montréal avance le chiffre de 500, en ajoutant que ces personnes sont pour la plupart aux prises avec de graves problèmes d’alcoolisme et de toxicomanie. L’affirmation est tellement crédible qu’elle a été reprise par la Ville de Montréal elle-même dans un mémoire sur l’itinérance présenté à la Commission parlementaire des Affaires sociales, le 29 septembre 2008.

(Gaston Saint-Pierre et associés inc., Les besoins en logement des Premières Nations du Québec et du Labrador 2000 et 2006) Secrétariat de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador).

Les sans-abri

Pour ce qui est de la situation des sans-abri, le nombre de femmes dans des centres d’hébergements a doublé depuis les dix dernières années selon le RAIIQ (regroupement itinérants et itinérantes de Québec document La Spirale 2008).

Ce qui est difficile dans le volet de l’itinérance c’est le recensement du nombre de sans-abri étant donné qu’ils ne vont pas tous dans des refuges.

Certaines de ces personnes vont continuer à vivre avec un conjoint violent; d’autres se promènent dans des abris de fortunes; il y a même une dame aînée qui se promène chez ses enfants à tour de rôle depuis les 4 dernières années. Tout ça afin qu’elles ne se retrouvent pas directement dans la rue…….

Par ailleurs, près de 32 ménages dont le soutien principal est une femme ont fait appel à nos services en 2009. La plupart de ces femmes sont victimes de violence conjugale et veulent plus que tout un toit abordable et sécuritaire sur leur tête afin de retrouver une stabilité et de meilleures conditions de vie.

Encore...

Le portait des ménages locataires est brossé, mais de quoi ont l’air leur logement? À ce que nous dit le Dossier noir du FRAPRU, le parc de logement au Québec vieillit et se dégrade. D’ailleurs « les associations de propriétaires reconnaissent également l’ampleur des problèmes de qualité des logements, mais elles blâment à l’unisson la méthode actuelle de fixation des loyers au Québec, en particulier l’ajustement accordé pour les travaux majeurs, qui décourage, à leur avis, le bon entretien des logements.[5]»

Peu importe à qui la faute. Le problème est toujours là et ne semble pas s’améliorer. Ainsi, en 2001 dans la province de Québec, 280 180 logements étaient considérés comme nécessitants des réparations mineures, alors qu’en 2006, c’est 325 900 unités qui en avaient besoin. C’est une augmentation de 3,3%.

Cette même année, sur 111 710 logements loués dans la province de Québec, 8,9%, ont besoin de réparations majeures(3).

Les proportions sont similaires sur notre territoire : 25,2% (3 555 logements) des logements des ménages locataires requièrent des réparations mineures et 6,2% (880 logements) des réparations majeures. (4)

Bref, dans Sainte-Foy/Sillery/Cap-Rouge, trop de gens déboursent encore une part substantielle, pour ne pas dire faramineuse, de leur revenu pour se loger convenablement. Les gens croient que dans notre arrondissement, il n’y a pas de pauvreté! Force est de constater qu’elle est de plus en plus présente même si elle est cachée!

Références :
(1) Statistique Canada. (2006).Recensement 2006. Dans une commande spéciale du FRAPRU(2008). Tableau sur le Taux d’effort des ménages locataires en 2006; abordabilité du logement. 1p.
(2) SCHL. (2008). Rapports sur le marché locatif-RMR de Québec tableaux 1.1.1 & 1.1.2, p.11.
(3) Statistique Canada. (2001 & 2006). Recensement 2001 & 2006. & SCHL. (2000 & 2005). Rapports sur les logements locatifs 2000 & 2005. Dans FRAPRU. (2009). Dossier noir 2009; Logement et pauvreté dans la province de Québec. 2p.
(4) Statistiques Canada. (2006). Recensement 2006. & SCHL. (2005 & 2008). Rapports sur le marché locatifs. Dans une commande spéciale du FRAPRU. (2009). Dossier noir 2009; Logement et pauvreté dans l’arrondissement Sainte-Foy/Sillery. 1p.
(5) Front d’action populaire en réaménagement urbain & Groupe d’études et d’action urbaines. (Janvier 2009). Dossier noir : logement et pauvreté au Québec; des chiffres et des visages. 19 p.



V
LE PROGRAMME ALLOCATION-LOGEMENT PÉRICLITE



Ce programme méconnu existe depuis 1997 et a toujours été doublement discriminatoire à l’égard des personnes seules en bas de 55 ans et de 55 ans et plus.

Le décret adopté par le Conseil des ministres le 7 juillet et qui entrera en vigueur le 1er octobre prochain n’apporte que des ajustements mineurs à ce programme dont les principaux paramètres n’ont pas été revus depuis sa mise en place il y a 13 ans. Comme il l’avait fait en 2008 et 2009, le gouvernement se contente d’indexer le revenu maximum permettant d’avoir accès au programme, de même que le loyer maximum au-delà duquel les bénéficiaires ne reçoivent plus d’aide gouvernementale. Or, pour la troisième année consécutive, les personnes seules n’ont même pas droit à de telles indexations.

Quand les personnes seules ont moins de 55 ans, elles n’ont pas droit à une allocation-logement et quand elles en ont plus de 55 et qu’elles peuvent recevoir une aide, on ne leur donne pas les mêmes avantages qu’aux autres catégories de ménages. Ainsi, pour les personnes seules, le loyer maximum couvert par le programme restera à 428 $ par mois en 2011, soit exactement le même montant qu’en 1998, au moment du lancement du programme. Or, lors du recensement de 2006, le loyer moyen payé par les personnes seules à Québec atteignait déjà 574 $ par mois.

Pourtant, si le barème de revenu admissible pour les personnes seules (16 480$) avait été indexé au seuil de pauvreté reconnu soit 21,000, il y aurait davantage de ménages seules qui auraient accès à ce programme. Voilà un constat qui ne correspond pas à la réalité d’aujourd’hui.

Ce programme périclite alors que des ménages en auraient besoin. Ce ne sera jamais un programme complet et durable comme le logement social mais pour les ménages qui le reçoivent, cela peut signifier un panier d’épicerie de plus.

Le gouvernement se doit de faire la mise à jour tout en indexant les revenus et les coûts des loyers à la réalité actuelle.


VI
LES GOUVERNEMENTS


Fédéral :

Pour ce qui est du gouvernement fédéral, il y a des reculs sans précédent! C’est en 1994 qu’il a décidé de ne plus investir dans le logement social. Depuis ce temps, on est en manque de plus de 50,000 logements sociaux au Québec.

Le montant qu’il a octroyé au Québec lors de son dernier budget est d’environs 89 millions pour l’habitation; ce qui représente environs 240 unités de logement social au Québec! On réclame à ce que le fédéral réinvestisse soit 1% de son budget pour l’habitation sociale quand on sait qu’il y a des milliards de dollars qui dorment dans les coffres de la SCHL (Société canadienne d’hypothèques et de logement).

Par ailleurs, les fins de convention des logements sociaux subventionnées par le fédéral arrivent et les locataires dans ces immeubles se verront du jour au lendemain à payer le plein prix de leur loyer. La plupart de ces ménages là ne seront pas en mesure de payer l’augmentation faramineuse; que se passera-t-il avec ces ménages dans ces immeubles? Où iront-ils? Y aura-t-il tendance à transformer ces immeubles au marché privé??

De plus, le fédéral veut retirer le questionnaire long (une personne sur cinq) de Statistiques Canada; comment pourra-t-on mesurer et analyser la réalité et les habitudes des canadiens?

Et encore; le retrait du registre des armes; un outil de moins pour la sécurité civile…..

Pour ce qui est de l’environnement, il n’est vraiment pas un modèle à suivre!

Donc, on peut dire que dans la mire du fédéral, il y a moins de pouvoir démocratique et moins de protection pour l’environnement. Par contre il y a plus de surveillance et de contrôle ainsi que plus d’aide d’exploitations de nos ressources naturelles à des multinationales et non redistribué au peuple!

Provincial :

Lors du dernier budget provincial le gouvernement a annoncé 3,000 unités de logement social pour les 5 prochaines années. Pourtant, lors de la dernière campagne électorale, le premier ministre avait pris un engagement à faire construire 3,000 unités sociales par année pendant 5 ans. Il n’a pas respecté cet engagement! Un gain! (Le 20 décembre 2010, le ministre Lessard a pris l’engagement de faire 3,000 logements sociaux par année pour les 5 prochaines années).

C’est ça le dessin du deuxième plan de lutte à la pauvreté! Les besoins sont criants et réels dans les quatre coins du Québec. Lors du recensement de Statistiques Canada de 2006, 203 000 ménages locataires québécois consacraient plus de la moitié de leur revenu pour se loger. Avec la crise économique et la pénurie de logements à bas loyer bien des ménages n’arrivent tout simplement plus à payer leur loyer.

Le gouvernement actuel néglige de répondre aux besoins par des mesures qui permettraient d’augmenter le revenu des personnes les plus pauvres. Non seulement qu’il abandonne la lutte à la pauvreté, il hausse les tarifs d’Hydro-Québec et vient taxer la santé!

Cet automne, nous emboiterons le pas dans les rangs du FRAPRU afin de réclamer 50,000 nouveaux logements sociaux en cinq ans!

Autre dossier :

Pour ce qui est des ménages à risque ou sans-logis, le gouvernement n’a pas octroyé de l’argent aux municipalités pour la mise en place de mesures d’urgence. La charge revient donc aux municipalités à gérer cette situation.

Si la SHQ doit débourser dans la mise en place de mesures d’urgence elle a pour son dire qu’elle devra couper ailleurs.

Ici à Québec, nous avons recensé une trentaine de ménage dans le besoin et un seul ménage, catégorie «cas particulier», a eu droit à un logement d’urgence (Statistiques de l’OMHQ, août 2010). L’aide apportée par notre municipalité fût minime avec des critères très sévères. Ce qui veut dire que certains ménages ont trouvé des logements dans le secteur privé, dans des coopératives d’habitation ou ils se retrouvent dans des conditions de surpeuplement.

Une des problématiques constatée c’est d’apercevoir des ménages à faible revenu ayant loué un logement trop cher selon leurs moyens pour ne pas se retrouver dans la rue. Sauf qu’à un moment donné, le coût du loyer les rattrape! D’ailleurs, la Régie du logement a recensé environs 11,000 cas de non paiement de loyer à Québec. Le nombre de ménages dans cette situation ne cesse d’augmenter année après année.

De ce fait, on réalise que le coût des loyers trop cher est une des raisons majeures de l’itinérance qui a doublé depuis le début de cette décennie.

VII
CONCLUSION

Avant de terminer, dans le cadre de la troisième Marche mondiale des femmes, le comité femmes du FRAPRU, dont on fait parti, a recueilli des témoignages de femmes dans différentes villes du Québec pour faire le document «Femmes, logement et pauvreté Se sortir du privé un enjeu de société». Il est accessible sur le site web du FRAPRU.

En conclusion, le logement est non seulement un besoin essentiel; c’est un droit et avoir un toit décent sur la tête, c’est aussi une question de dignité.

Agir collectivement est un choix de société! Continuons nos luttes pour une justice sociale!

Merci!




[1] Le taux est calculé pour les zones de Sainte-Foy, Sillery, Cap-Rouge & Saint-Augustin. Dossier Noir du FRAPRU janvier 2009; commande spéciale du FRAPRU (recensement Statistiques Canada)
[2] (5) p.12 Dossier Noir du FRAPRU; Logement et pauvreté; Janvier 2009
[3] (5) p.8
[4] Ibid.
[5] (5) p.14



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